Article du Devoir sur la déclaration d'Alexandre Boulerice

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Congrès du NPD - Mulcair gagne son parti

16 avril 2013 | Josée Boileau | Le Devoir

Il avait l’oeil bien malicieux et le débit bien vif, Alexandre Boulerice, lorsqu’il a pris la parole à la fin de la période des déclarations de députés lundi aux Communes. Quelques minutes plus tard, à la période de questions, ce serait l’entrée en scène du nouveau chef libéral, Justin Trudeau. Pas question de lui abandonner le champ de la nouveauté.

Le député néodémocrate s’est donc lancé dans la célébration du congrès tenu par son parti durant la fin de semaine, martelant les mots « espoir », « optimisme », « leader expérimenté ». Visant nommément les conservateurs, ce sont les libéraux qu’il ciblait. Le message était clair : la fougue nous appartient. Démonstration s’ensuivit : son chef Thomas Mulcair attaqua la période de questions avec aplomb.

Les électeurs finiront par dire lequel des deux partis, entre le NPD et le PLC, représente vraiment le changement. Mais on est vraiment arrivés à une nouvelle étape de la joute politique fédérale. Pour le chef néodémocrate, elle prend assise sur un constat, évident durant la fin de semaine : ce parti est maintenant le sien.

Les 92,3 % d’appui qu’il a obtenus des délégués au congrès renvoient pour de bon à l’oubli les critiques acerbes qu’un Ed Broadbent tenait à son égard durant la campagne au leadership l’an dernier. On a même évité la crise d’identité annoncée : le NPD a cessé dimanche d’être socialiste au terme d’un débat réduit à sa plus simple expression, là où des déchirements étaient attendus.

M. Mulcair tenait à ce que la modernisation du parti, enclenchée sous ses prédécesseurs, mais jamais achevée, arrive à son terme. C’est chose faite. Le chef, qui a fait de l’économie son thème de prédilection, peut maintenant s’appuyer sur des statuts qui reconnaissent l’économie de marché plutôt que la production et la distribution de biens et services à des fins non lucratives. De la même manière, les résolutions les plus controversées du congrès de Montréal ont été commodément mises de côté ou renvoyées à plus tard. M. Mulcair a vraiment eu carte blanche au cours de ce week-end.

Ce qui reste, c’est ce qui fait consensus : défaire les énormités conservatrices. Comme elles sont légion, il y en a tant pour les goûts néodémocrates que pour ceux des libéraux. Comment dès lors se démarquer ? C’est là tout l’enjeu. On peut croire que les principes et les traditions du NPD lui donneront plus de substance pour argumenter, surtout au regard d’un Justin Trudeau, mais quelles positions originales le parti arrivera-t-il à articuler pour gagner ce centre de l’électorat que les libéraux convoitent tout autant ? Pour le moment, on ne voit pas. Si M. Mulcair a redéfini son parti, un flou demeure : lui, qu’est-ce qui le définit ?

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